Milton * Le Paradis Perdu :  

Tandis qu’au Ciel la Lune, pâle souveraine, veille
Et poursuit sa course,
Les Elfes à minuit s’égaillent à l’orée d’un bois
Ou au bord d’une Fontaine,
Sous les yeux ébahis de quelque villageois attardés,
S’efforçant par leurs chants joyeux et leurs danses
De charmer son cœur
Bondissant d’allégresse et d’effroi.
                    
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Les esprits peuvent à leur guise
Prendre l’un ou l’autre sexe, ou les deux
Sous n’importe quelle forme,
Dilatée ou condensée, lumineuse ou obscure,
Afin d’exécuter leurs desseins aériens.


 

 

Mary Webb * Green Rain :

Par les sentiers boisés nous irons,
Voir l’aubépine couverte de neige.
Tout là-haut parmi les bourgeons,
La tourterelle s’éveille et se languit ;
La clairière résonne de mille chants,
Le pic-vert s’esclaffe gaiement.
Quand le Prunellier sème ses pétales au vent
L’aubépine surgit toute courbée et crochue
Bourgeonnant de boutons clairs et pâles
Comme l’onde ambrée, la verte grêle,
Comme si, par quelque sortilège, la pluie
Prisonnière de ses épines avait oublié de tomber.

 

 

Walter Scott :


Si tu veux être vraiment mienne,

Jette au loin Millepertuis et Verveine.


 

 

Michaël Drayton * Nymphidia :  

 

Des pétales de roses rouges et blanches
Lui serviront de courtepointes ;
Les rideaux du lit
Seront des fleurs impériales
Bordées d’une frange de campanules azur ;
Les oreillers seront des Lys

Garantis de duvet de papillon.


 

Extrait d’un poème Jacobéen * Amusement de Fées :


Il commença à pleuvoir, le roi et la reine se mirent à courir
En s’abritant sous un champignon
Orné de vers luisants, façonné
A la manière d’un ciel de lit
Tendu de toile d’argent :
et répandant une lumière semblable
A la lueur des étoiles par une nuit glacée.


 

 

John Fletcher * La Bergère Fidèle  :


Il est une fontaine à la margelle fleurie
Autours de laquelle les Fées au pied léger dansent en rond,
Au clair de Lune, Elles y baignent les enfants qu’elles y ont capturés,
Pour les débarrasser de leur écorce charnelle et les rendre immortels.


 

 

John Keats * La Belle Dame  :


J’ai rencontré une dame dans la prairie,
Dame très belle, Fille des Fées,
Sa chevelure était longue et légers ses pas,
Et ses yeux étaient fous.


 

Alexander Pope * La boucle dérobée  :


Au soleil, déployant leurs ailes transparentes d’insectes,
Elles y glissent sur le vent ou plongent dans les nuages d’Or,
Silhouettes translucides, trop menues pour l’œil humain,
Leurs corps fluides se fondent à demi dans la lumière.


 

 

George Darley * Sylvia ou la Reine de Mai  :


Sa redoutable lance est une tige d’avoine,
Son invincible épée, un brin d’herbe,
Son armure, des feuilles de laurier,
Son bouclier, de l’écorce incrustée de corail.


 

 

William Allingham * Un bois au pays de Faerie  :

Les Fées s’éveillent,
Les harpes et flûtes résonnent,
Entraînantes et claires,
Se mêlant à ton chant,
Emplissant les bois !
Voici le chœur des Fées,
Dans le matin doré, enchanté.


 

 

Robert Kirk * La Communauté secrète des Elfes, Faunes et Fées  :


Elles vivent beaucoup plus longtemps que nous, puis finissent par mourir ou du moins disparaître de l’état présent… Elles passent (au terme d’une longue vie prospère) dans l’Orbe et le Réceptacle conçus pour accueillir les êtres de leur Espèce, où elles séjourneront jusqu’au Jugement dernier.


 

 

John Aubrey (XVIIe)

Étude détaillée des Hommes d’Écosse doués de double vue :


Mais quant à savoir si l’homme voyait autre chose que le Brownie du foyer ou Meg Mulloch, je n’en suis pas certain … D’aucuns affirment qu’il voyait ces deux-là et biens d’autres encore.


 

 

Édouard BRASEY * Enquêtes sur l’existence des Fées et des esprits de la nature :


Les Églises officielles et leurs dogmes monothéistes ont, il est vrai, beaucoup œuvrés pour évincés ou diabolisés les représentants du Petit Peuple. En représentant les lutins comme des démons et les Fées comme des sorcières, les inquisiteurs du moyen-age et de la renaissance ont eu beau jeu de poursuivre, condamner et brûler les humains suspectés d’entretenir un commerce avec eux : les sorciers, les mages, les alchimistes et autres amateurs de Kabbale. La lutte acharnée qui, en Occident, opposa longtemps le christianisme naissant à l’ancien paganisme finit par rompre le lien ténu qui existait entre l’Homme et les esprits de la Nature.

 

De la négation de ces esprits gardiens au mépris de la Nature, il n’y a qu’un pas qui fût vite franchis par nos sociétés industrielles et bien pensantes.



On en connaît aujourd’hui le prix :
pollution des airs et des eaux, catastrophes écologiques, épidémies.
Si l’homme craignait encore la vengeance des ondines ou des sirènes, oserait-il déverser ces détritus et ses nitrates dans les fleuves et les océans ? S’il redoutait le courroux des elfes et des sylphes, polluerait-il l’atmosphère avec ses cheminées d’usine et ses émanations de gazole
 ? On ne croit plus aux fées ni aux esprits des éléments ; Mais cela n’empêche pas ces éléments de se déchaîner et de rendre folle la nature. Faut-il voir dans la multiplication des tremblements de terre, ces dernières années, une mise en garde des gnomes ? Dans la naissance des cyclones un signe d’alerte des sylphes ? Dans les crus des fleuves et les raz de marée une imprécation des ondines et des naïades ? Dans les incendies de forêt une condamnation des salamandres ? Pourquoi pas ?


L’homme moderne croit savoir et tout maîtriser, mais il vit de plus en plus mal et ne sait plus comment sortir des problèmes qu’il a lui-même suscités. Appeler à son secours les fées et les élémentaux ? Il n’y songe même pas. Il ne croit pas à la magie, où bien il s’en effraie ; Il ne croit qu’à la science, à laquelle il voue un culte absolu. Mais qu’est-ce que la science, sinon une magie dont on a su expliquer, en partie, les mystères ? Et qu’est-ce que la magie, sinon l’esquisse de la science de demain ?


 

 


Société de Cryptozoologie de Londres * Histoire Naturelle du Monde Surnaturel :


Il règne une confusion assez grande entre les différentes races de Fées. Tenter de les distinguer ou de les classer par espèces ou sous-espèces peut s’avérer fort arbitraire. (…) En général, il est préférable d’éviter d’offenser les fées et d’utiliser par conséquent des termes allusifs comme « les bons esprits ».